mardi 7 février 2017

Le streaming payant s'impose aux Etats-Unis

Il y a eu plus de diffusions de chansons au quotidien sur les plateformes de streaming audio et vidéo américaines en 2016 (1,2 milliard en moyenne) qu'il ne s'en est vendu en téléchargement sur toute l'année (734 millions), souligne BuzzAngle Music dans son dernier US Music Industry Report 2016, paru début janvier.


Le nombre de streams audio a franchi la barre des 250 milliards sur l'ensemble de l'année. Un chiffre en hausse de 82,6 % sur un an. Le nombre de streams vidéo de musique a progressé quant à lui de 7,5 %, à 181 milliards. Au total, la consommation de musique a donné lieu à quelques 431 milliards de streams aux Etats-Unis sur l'ensemble de l'année 2016.

Cette croissance de la consommation de musique en streaming est surtout portée par l'abonnement, constate BuzzAngle Music. De 62 % en 2015, le pourcentage de streams audio sur abonnement est passé à 76 % l'an dernier. Leur nombre a progressé de 124 % en 2016, pour atteindre 191 milliards, contre 59 milliards pour les streams financés par la publicité, dont le volume n'a progressé que de 14 %.

La montée en puissance du streaming dans les modes de consommation profite bien sûr aux trois majors - Universal, Sony et Warner -, qui totalisent à elles-seules 290 milliards de streams audio et vidéo en tant que distributeurs, soit 67 % du total. Cette part de marché distributeur des majors en volume est de 70 % sur le streaming audio, et de 63 % sur le streaming vidéo.

C'est très en deçà, cependant, de la part de marché distributeur dont elles sont créditées plus globalement sur le marché américain (physique et numérique confondus), qui est d'environ 85 %.

Warner Music est la major qui tire le mieux son épingle du jeu, avec une croissance du nombre de streams en 2016 de près de 50 %, supérieure de dix points à celle enregistrée par ses deux concurrentes. Sa part de marché distributeur en volume, streaming audio et vidéo confondus, est de 18 %, contre 28 % pour Sony Music, et 35 % pour Universal.

L'agrégateur numérique français Believe Digital, qui distribue des centaines de labels indépendants sur Internet, pèse 1,7 % du marché américain du streaming en volume, avec 5,7 milliards de streams. Il est neuvième du classement des distributeurs dans le streaming. Mais avec son acquisition de Tunecore, crédité de 17.7 milliards de streams en cinquième position, il vient griller la priorité à son concurrent The Orchard (devenu la propriété de Sony), et se classe en réalité quatrième, loin derrière Warner Music, avec 5,4 % de parts de marché en volume.

Le streaming entraîne une plus grande diversité de consommation. Le top 500 des titres ne totalise que 16 % des streams audio ou vidéo, contre 26 % dans le téléchargement. Dans les ventes d'albums, le top 500 pèse 36% des volumes.

A l'exception des ventes de vinyls (+ 26 % en volume), tous les autres modes de consommation de musique sont en souffrance. En 2016, il s'est vendu 240 millions de titres en téléchargement en moins sur le marché américain (- 24,8 % en volume sur un an). A peine cinq titres ont franchi la barre des 2 millions de téléchargements, contre 16 en 2015. Ils n'ont été que 36 à atteindre le million, contre 60 l'année précédente. Le numéro dix de 2015 a vendu autant que le numéro un de 2016.

Le marché des albums ne se porte pas mieux. En 2016, il s'en est vendu 50 millions de moins qu'en 2015 aux Etats-Unis (- 15,6 % en volume). Et cette baisse est encore plus forte dans le numérique (- 19,4 %) que dans les ventes physiques (- 11,7  %). Même le CD (- 14 %) résiste mieux.

La donnée peut-être la plus étonnante, parmi celles, très détaillées, que publie BuzzAngle Music, est certainement celle qui porte sur la part de marché du fond de catalogue, crédité de près de 50 % des streams audio et des ventes de titres et d'albums aux Etats-Unis en 2016, et de 60 % des streams vidéo. La nouveauté, qui squatte pourtant ses charts, réalise de moins bonnes performances dans le streaming (4,2 % des volumes dans la vidéo, 8,5 % dans l'audio), comparativement aux ventes de titres (10,8 % des volumes) et d'albums (22,7 %).

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